Nos richesses

Kaouther Adimi

Seuil, 2017

C’est un livre très intéressant car on découvre l’existence d’Edmond Charlot qui fut libraire et éditeur à Alger dans les années 30. Il a d’ailleurs édité le premier texte d’Albert Camus « L’envers et l’endroit » que je n’ai d’ailleurs pas lu à ce jour. 

On entre dans l’existence de cette librairie à deux périodes différentes : celle où Edmond Charlot trouve le local et la transforme en librairie « Les vraies richesses » à l’image de celle d’Adrienne Monnier à Paris (bibliothèque de prêts, lieu de rencontres d’écrivains) et à une autre période plus récente où cette librairie va être vidée, repeinte par Ryad pour devenir un restaurant. Toute la charge historique du lieu va disparaître d’un coup de pinceau.

Kaouther Adimi utilise un kaléidoscope pour faire revivre ce personnage qu’était Edmond Charlot : la narration, les carnets d’Edmond Charlot, le personnage d’Abdallah qui est la mémoire vivante de la librairie devenue bibliothèque de prêts ensuite, Ryad qui fait un peu le bilan de ce qu’est devenue cette librairie. C’est un livre qui a nécessité de nombreuses recherches à son auteure (interviews, films, documents d’Edmond Charlot, livres…) et c’est ce qui le rend très intéressant.

Cette histoire est bien sûr liée à l’histoire de l’Algérie : la période de la colonisation, la lutte pour l’indépendance, les guerres (celle de la deuxième guerre mondiale mais celle de l’Algérie…), le drame de Sétif…

C’est toute une aventure qui est retracée ici, celle d’un amoureux des mots qui rencontre beaucoup de difficultés à éditer ses livres, des livres qui ont eu des prix littéraires prestigieux, pourtant.

La langue est très accessible, peut-être trop… Tout l’intérêt de ce livre réside dans la découverte de ce personnage et de faire revivre tout un pan d’Histoire.

Ce fut une lecture très agréable et je comprends que les lycéens aient apprécié ce livre.

Je vous recopie la recette d’Edmond Charlot pour inciter quelqu’un à écrire.

19 octobre 1961

Un journaliste qui prépare un reportage sur Camus – un de plus – m’a demandé s’il y avait des gens que j’avais incité à écrire. Il n’y en a pas qu’un, il y en a des quantités. Je lui ai donné ma recette. :

Achetez une table, la plus ordinaire possible, avec un tiroir et une serrure.

Fermez le tiroir et jetez la clé.

Chaque jour, écrivez ce que vous voulez, remplissez trois feuilles de papier.

Glissez-les par la fente du tiroir. Évidemment sans vous relire. A la fin de l’année vous aurez à peu près 900 pages manuscrites. A vous de jouer.

 

3 réflexions sur “Nos richesses

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