Einstein, le sexe et moi

Olivier Liron

Alma éditeur, 2018

 

Olivier Liron se confie, communique sur sa différence, il est autiste Asperger. Dans le même temps, il raconte avec beaucoup de mordant son expérience à « Questions pour un Champion » avec Julien Lepers. Ou c’est plutôt l’inverse. Cette partie est très drôle.

Tout le déroulement de cette expérience est entrecoupée d’insertion dans sa vie. Enfant, adolescent, ce qu’il a vécu ou subi est innommable tant que c’est violent, humiliant, destructeur. J’ai honte pour ces adultes qui ont laissé faire cela. J’ai honte aussi de la stupidité de ces jeunes. Je parle de honte qui me met hors de moi. Pourquoi cela ? Pourquoi cette violence ?

Il me semble qu’Olivier Liron a eu son diagnostic d’autiste Asperger très tard.

On apprend beaucoup sur ce trouble. Malgré cette violence subie à l’école, Olivier Liron a été un excellent élève et a eu un parcours incroyablement exemplaire. Ce livre est très touchant car Olivier Liron nous touche par ses mots, par son être et son vécu. Et Olivier Liron communique, communique incroyablement bien. Il nous fait entrer dans ses pensées, son fonctionnement et c’est passionnant. Il a une énergie communicative. On a qu’une seule envie : le prendre dans ses bras et de rire, de nous, des autres.

J’ai rencontré Claire à la résidence universitaire de Lyon, à Normale sup. Claire suivait des cours au conservatoire, elle voulait devenir danseuse contemporaine. On était colocataires. A force de lui lire le Cantique des cantiques, Claire a compris que j’avais besoin de compagnie et d’un peu de tendresse. A cette époque-là, je passais mes nuits à apprendre par cœur les Illuminations de Rimbaud. Je les enregistrais sur un petit dictaphone et je les écoutais en boucle. Je lisais aussi à Claire la Confession d’un enfant du siècle et Claire s’endormait dans les cinq minutes. On s’entendait bien. On a voulu écrire un ballet à partir de la Cantate à trois voix de Paul Claudel. J’ai demandé les clés de la salle de musique où il y avait un piano et j’ai composé la musique. J’étais persuadé de créer une musique extraordinairement romantique. Claire dansait merveilleusement bien et inventait toutes sortes de chorégraphies.

J’aurais voulu lui dire que je ne m’accordais pas le droit d’être moi-même, qu’on ne m’avait jamais accordé le droit d’être moi-même, et que j’avais l’impression d’être mon propre tyran en permanence, mon propre monstre. J’ai un monstre en moi. C’est ça que je voulais lui dire ? « Barbara, je t’aime. J’ai un monstre en moi et je me bats au quotidien contre la haine. »

J’ai hâte de découvrir son premier roman « Danse d’atomes d’or ».

Lu dans le cadre des «  68 premières fois ».

 

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Une réflexion sur “Einstein, le sexe et moi

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