Mes 13 livres préférés de 2017

J’en ai choisi 13 parmi les 48 livres lus cette année. Il n’y a pas de classement. Ces livres m’ont donné beaucoup de plaisir à les lire au moment où je les ai lus. (Vous pouvez cliquer sur les couvertures pour relire les chroniques)

Joyce Maynard que j’adore énormément. Quelque chose dans son écriture rejoint ma sensibilité. Et cette femme est incroyable !

       

Avec en prime une belle rencontre avec l’auteure. 

 

« Par amour », mon premier livre lu et adoré en 2017 avec en plus la rencontre avec Valérie Tong Cuong lors de la sortie de ce livre. Très émouvant pour plusieurs raisons.

 

J’ai découvert Thomas Espedal avec « Marcher » et je sais que je vais lire tous ses autres livres.

Deux romans d’anticipation que j’ai beaucoup aimé « Station Eleven » et « Dans la forêt ».

                                           

Si vous en avez d’autres à me conseiller, je suis preneuse.

 

Julia Kerninon et son livre « Une activité respectable » qui nous donne envie de se plonger encore plus dans la littérature et de se mettre à écrire sérieusement.

 

Carole Zalberg avec « Je dansais » a su écrire l’impensable.

 

« Bad Girl » de Nancy Huston, auteure que je lis toujours avec beaucoup d’intérêt.

« Journal d’un vampire en pyjama » de Mathias Malzieu. Je suis amoureuse de son écriture poétique et de son incroyable force de vie.

La découverte de la Mongolie avec Ian Manook et son « Yeruldelgger ». Un bon polar dépaysant.

Découverte d’un auteur italien que je ne connaissais pas : Erri de Luca. Et il a écrit une oeuvre déjà considérable. Donc à continuer de découvrir.

Un autre auteur découvert cette année : Henri Loevenbruck avec ce titre très vivifiant « Nous rêvions juste de liberté ».

Voilà pour les lectures les plus marquantes de l’année dernière.

J’attends beaucoup de l’année présente.

 

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Plein de bonnes choses pour 2018

Je vous souhaite le meilleur. Tout ce que vous souhaitez mais surtout ce que vous souhaitez réaliser, faire pour être au mieux avec vous-même.

Pour ma part, tout se situe dans les plaisirs simples de la vie, profiter de chaque instant et faire de chaque journée une belle journée. Mais aussi voyager avec les livres, faire de belles rencontres, regarder avec joie mes enfants grandir, rire, sourire…

 

 

Toujours avec toi

Maria Ernestam

Babel, 2014

 

Maria Ernestam est une auteure suédoise contemporaine. J’avais lu et apprécié d’elle « Les oreilles de Buster », livre totalement captivant et « Patte de velours, œil de Lynx » dont la couverture avec ce chat parle d’elle-même.

Ce roman commence un peu comme une bluette, une femme, Inga, photographe d’art, vit encore difficilement le deuil de son mari, décédé deux ans auparavant. Elle trouve refuge dans une maison de famille sur l’île de Marstrand. L’auteure sait bien retracer cette vie insulaire suédoise et l’importance des voisins. Elle y retrouve d’ailleurs un très vieil ami, très attentionné. Mais l’intérêt du livre se porte très vite sur la découverte d’une lettre reçue en 1916 par sa grand-mère Rakel d’une certaine Léa. Inga plonge alors dans son histoire familiale en menant une enquête pour la reconstituer. On y découvre des secrets de famille. Toute l’histoire se reconstitue à la lecture en entendant la voix de Rakel en 1959 qui proche de la mort, se replonge dans sa vie et sa jeunesse et l’enquête d’Inga en 2007.

On se retrouve plongé dans la Suède de 1916 où la pauvreté extrême côtoie la richesse, où les jeunes filles doivent faire des choix et sont sacrifiées dans la famille au profit des garçons. Elles doivent partir pour trouver un travail de bonne.

On est confronté à la Grande Histoire avec la bataille de Jutland qui a fait rage en Mer du Nord et a laissé une multitude de cadavres anglais ou allemand enterrés sur le sol suédois. Les personnages se retrouvent d’ailleurs au milieu de ces cadavres.

Maria Ernestam nous tient en haleine tout au long du roman dans la reconstitution de cette histoire familiale. Elle y parle aussi de photographie car c’est le métier d’Inga, mais j’aurai aimé que cela soit plus développé, car on sent que l’Art est très important dans la vie d’Inga.

C’était un des premiers romans de Maria Ernestam traduit en France, les suivants sont meilleurs. Je vous recommande « Les oreilles de Buster ».

Mistral perdu ou les événements

Isabelle Monnin

JC Lattès, 2017

J’ai ressenti une certaine tristesse tout au long de la lecture de ce livre. C’est un récit autobiographique. L’auteure/narratrice était très proche de sa sœur mais elle est décédée jeune. Le texte est scandé par « Nous sommes deux », « Je suis deux » et pour finir par « Je suis nous » nous renvoyant sans cesse à cette perte.

Nos journées jouent à l’élastique, se quitter, se rejoindre, se raconter, verser dans la tête de l’autre tout ce qui a été frôlé, espéré, déçu. Elle n’a pas encore dix ans mais au collège je n’ai pas trouvé meilleure amie. Il y a bien une fille, dont la profondeur m’attire comme un puits, mais personne ne me connaît mieux que ma sœur. La laisser, même pour quelques heures, revient à endosser un manteau de solitude. Nul ne me dit comme elle qui je suis. Que je suis. Elle est celle par qui j’existe au monde, depuis son premier regard sur moi – effacé à jamais de ma mémoire mais grave préhistorique dans ma roche de sorte que jamais je ne puisse en douter.

A la manière d’Annie Ernaux qui mêle son vécu tout en nous faisant revivre une époque comme dans « Les années » (qui est d’ailleurs est cité en exergue de ce livre), Isabelle Monnin nous raconte ses souvenirs, son enfance, sa vie avec ou sans sa sœur tout en nous refaisant vivre la fin des années 70 et au-delà en province.

Je retrouve, comme dans mon histoire personnelle, les mêmes origines politiques et cette façon de voir le monde à travers le clivage gauche/droite.

J’apprends ainsi, sans que cela soit nommé, que tout est rapports de force, que la politique est l’épaisseur invisible entre les individus, ce qui les lie et les éloigne.

L’écriture est très recherchée dans la juxtaposition des mots et en fond de texte, on entend ces chansons de Renaud. La musique est très présente dans ce livre. Mais ce ressenti de la perte tout au long du livre m’a vraiment touchée. Je suis un être ultra sensible et les mots me touchent invariablement. Cela a été une lecture pesante.

J’avais déjà ressenti beaucoup d’émotion en lisant « Les gens dans l’enveloppe » de la même auteure, mais c’était une émotion touchante et tendre.

https://voyageauboutdemeslivres.wordpress.com/2016/04/25/les-gens-dans-lenveloppe/

BAKHITA élue Grand Prix des Blogueurs littéraires 2017 !!!

Agathe The Book

C’est dans un match très serré que nous sommes fiers de vous annoncer votre lauréate, Bakhita de Véronique Olmi, publiée aux Editions Albin Michel. Bravo à l’auteur !

Presque 300 blogueurs ont voté et élu ce magnifique roman, talonné de près par Et soudain la liberté de Caroline Laurent et Le jour d’avant de Sorj Chalandon.

podium

Le peloton des dix premiers romans ci dessous :

peloton.jpg

Nous avons recensé une trentaine de romans cités, nous ne citerons ici que ceux mentionnés au moins quatre fois. Certains romans cités par nos votants ne faisaient pas partie des critères énoncés dans les modalités.

autres.jpg

La liste des participants et leurs comptes :

Les participants

Un grand merci à toute mon équipe du tonnerre sans qui rien n’aurait été possible, Amandine de Livresse littéraire mon associée hors pair, Bénédicte de Au fil des livres et son euphorisante page Facebook, Céline de Mes échappées livresques pour…

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La meilleure des vies

J.K. Rowling

Grasset, 2017

Joli petit livre qui nous donne à lire le discours de JK Rowling à la cérémonie de remise des diplômes à l’université de Harvard en 2008.

Ce livre a pour sous-titre « Des bienfaits insoupçonnés de l’échec et de l’importance de l’imagination ».

J.K. Rowling nous livre ici un message encourageant. Elle fait part de son histoire personnelle. A un moment de sa vie, elle a touché le fond et l’échec de cette situation lui a permise de se recentrer sur elle et sur son désir d’écrire qui la tenaillait. Elle s’est mise à écrire et évidemment vous savez sur quoi cela a débouché. Elle nous incite à mieux nous connaître et aller vers ce qui nous est essentiel. Pour elle, ce fut l’écriture, sa fille, ses amis précieux. On apprend qu’elle a travaillé pour Amnesty International et ce travail n’est pas anodin dans son parcours. Son parcours fait rêver mais on voit que tout n’a pas été simple pour elle. Rêvons et osons !

Le livre en lui-même est très beau graphiquement, il constituera un excellent cadeau aux fans de J.K. Rowling mais aussi à tout autre personne de votre entourage pour le message positif véhiculé dans ce livre.

 

 

Nos richesses

Kaouther Adimi

Seuil, 2017

C’est un livre très intéressant car on découvre l’existence d’Edmond Charlot qui fut libraire et éditeur à Alger dans les années 30. Il a d’ailleurs édité le premier texte d’Albert Camus « L’envers et l’endroit » que je n’ai d’ailleurs pas lu à ce jour. 

On entre dans l’existence de cette librairie à deux périodes différentes : celle où Edmond Charlot trouve le local et la transforme en librairie « Les vraies richesses » à l’image de celle d’Adrienne Monnier à Paris (bibliothèque de prêts, lieu de rencontres d’écrivains) et à une autre période plus récente où cette librairie va être vidée, repeinte par Ryad pour devenir un restaurant. Toute la charge historique du lieu va disparaître d’un coup de pinceau.

Kaouther Adimi utilise un kaléidoscope pour faire revivre ce personnage qu’était Edmond Charlot : la narration, les carnets d’Edmond Charlot, le personnage d’Abdallah qui est la mémoire vivante de la librairie devenue bibliothèque de prêts ensuite, Ryad qui fait un peu le bilan de ce qu’est devenue cette librairie. C’est un livre qui a nécessité de nombreuses recherches à son auteure (interviews, films, documents d’Edmond Charlot, livres…) et c’est ce qui le rend très intéressant.

Cette histoire est bien sûr liée à l’histoire de l’Algérie : la période de la colonisation, la lutte pour l’indépendance, les guerres (celle de la deuxième guerre mondiale mais celle de l’Algérie…), le drame de Sétif…

C’est toute une aventure qui est retracée ici, celle d’un amoureux des mots qui rencontre beaucoup de difficultés à éditer ses livres, des livres qui ont eu des prix littéraires prestigieux, pourtant.

La langue est très accessible, peut-être trop… Tout l’intérêt de ce livre réside dans la découverte de ce personnage et de faire revivre tout un pan d’Histoire.

Ce fut une lecture très agréable et je comprends que les lycéens aient apprécié ce livre.

Je vous recopie la recette d’Edmond Charlot pour inciter quelqu’un à écrire.

19 octobre 1961

Un journaliste qui prépare un reportage sur Camus – un de plus – m’a demandé s’il y avait des gens que j’avais incité à écrire. Il n’y en a pas qu’un, il y en a des quantités. Je lui ai donné ma recette. :

Achetez une table, la plus ordinaire possible, avec un tiroir et une serrure.

Fermez le tiroir et jetez la clé.

Chaque jour, écrivez ce que vous voulez, remplissez trois feuilles de papier.

Glissez-les par la fente du tiroir. Évidemment sans vous relire. A la fin de l’année vous aurez à peu près 900 pages manuscrites. A vous de jouer.