L’Attrape-souci

Catherine Faye

Mazarine, 2018

 

Présentation de l’éditeur

Décembre 2001. Lucien, onze ans, vient d’arriver à Buenos Aires avec sa mère. Dans une librairie, il est captivé par de mystérieuses petites boîtes jaunes. Dedans, de minuscules poupées. Selon une légende, si on leur confie ses soucis avant de s’endormir, le lendemain, ils se sont envolés.

Le temps qu’il choisisse son attrape-souci, c’est sa mère qui s’est envolée. Disparue.

Lucien part à sa recherche. Se perd.

Au fil de ses errances, il fait des rencontres singulières. Cartonniers, prostituées, gamins des rues avec qui il se lie, un temps. Et grâce à qui, envers et contre tout, il se construit, apprend à grandir. Autrement.

Rebaptisé Lucio par ses compagnons de route, cet enfant rêveur et déterminé incarne ce possible porte-bonheur que chacun a en soi.

Mon avis

Ici, le narrateur est un gamin de onze ans. On commence d’emblée par un fait sidérant : sa mère qui disparaît alors qu’ils sont tous les deux dans une librairie. On s’interroge tout de suite, qu’est-il advenu de sa mère ? Pourquoi cet enfant n’est pas confié à la Police ?

Commence ainsi l’aventure de cet enfant qui se retrouve seul dans cette grande ville qu’est Buenos Aires. Au fur et à mesure de ses rencontres et de ses péripéties, on en apprend beaucoup plus sur sa mère et on comprend bien des choses avant Lucien lui-même. Il les raconte mais ne peut pas vraiment y croire. Cet enfant tombera toujours sur des personnes plutôt bienveillantes alors qu’on peut imaginer qu’il y a un paquet de gamins errants dans cette ville et qu’ils ne reçoivent pas tous cet accueil.

L’action dans la quatrième de couverture est située en 2001 mais cette histoire aurait pu être à n’importe quelle autre époque. Moi, je la situais plutôt dans les années 80, rien n’indique dans le texte qu’on soit précisément en 2001, enfin il me semble.

On pourrait être inquiet comme pourrait l’être un enfant abandonné, seul dans une grande ville mais Lucien ne laisse rien paraître de cette inquiétude et semble plutôt confiant dans les adultes qu’il croise. Donc, on avance avec lui confiant et prêt à découvrir, à vivre cette aventure à ses côtés. On pourrait penser à un drame mais cela ne l’est pas. Cette aventure aura permis au narrateur d’avancer et de finalement se retrouver dans une meilleure situation qu’il ne l’était auparavant.

L’Attrape-souci est un roman bien écrit et qui raconte une histoire de bout en bout. Ce fut une lecture agréable.

 

Lu dans le cadre des 68 Premières Fois

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Sauvage par nature

Sarah Marquis

Pocket, 2015

A chaque pas, un peu de moi se même à la Terre.

A chaque pas, la Terre me donne un peu d’elle.

Aucun pas n’est vain, tout a un sens.

Sarah Marquis a marché pendant 3 ans allant de Sibérie en Australie. Elle a traversé la Mongolie, la Chine, le Laos et le Cambodge.

Les rencontres sont très particulières en Mongolie et les us et coutumes tout autant. Mais à la lire, on mesure les risques qu’elle a encouru à voyager seule mais sa pratique du voyage font qu’elle a développé plein de ressources et qu’elle anticipe vraiment sur les dangers.

Son écriture fait qu’on se met à sa place pour faire ce long voyage. J’ai beaucoup aimé cela, cette impression de vivre son quotidien de l’intérieur et de découvrir son périple et les pays à travers ses yeux.

Le sol est de plus en plus sablonneux. En fin de journée, il n’est plus qu’un piège qui se referme sur les roues de ma charrette. Je dresse mon camp. Je suis heureuse de me retrouver chez moi, dans la nature, seule à nouveau. L’effort a été soutenu et j’ai le goût de la satisfaction – dû à la performance physique – dans la bouche. Je monte ma tente et déguste le premier thé de la journée. La lune se devine à l’horizon alors que la nuit n’est pas encore là, elle semble pressée de venir montrer ses rondeurs, elle est majestueuse. Je vais laisser ma tente ouverte toute la nuit. Fascinée comme à chaque fois, je ne peux me passer de ce spectacle qui se déploie sous mes yeux, je serai sa plus fidèle spectatrice jusqu’à tard dans la nuit, jusqu’à ce que le sommeil vienne me chercher.

J’ai beaucoup aimé du passage où elle parle de l’horloge interne et du respect du rythme de son corps afin de garder la santé. Elle évoque aussi son végétarisme et je comprends bien sûr sa position.

Elle finit son voyage avec la fatigue du corps qui lâche mais elle tenu le coup jusqu’au bout.

J’ai bien envie de lire ses autres livres. J’aime beaucoup l’état d’esprit de Sarah Marquis et sa façon de voir la vie.