Ce qui nous sépare

cequinoussepare

Anne Collongues

Actes Sud, 2016

Ce premier roman fut aussi ma toute  première lecture de l’année.

Le temps d’un trajet en RER en banlieue parisienne, nous entrons dans la vie de sept passagers.

Chacun des personnages ont des drames, des secrets. Pendant le temps du parcours, nous entrons dans leur vie. Ils vont tous vers quelque chose : retrouver quelqu’un, découvrir une nouvelle situation, ils fuient aussi pour certains un acte qu’ils regrettent…

La prouesse dans ce roman est dans le détail donné dans la description des personnages, leurs entrées, sorties, leurs attitudes à travers le regard des autres protagonistes, le passage entres les pensées de chacun se fait de plus en plus vite au fur et à mesure du récit et à l’approche de la fin du voyage en RER. La présence de la banlieue est omniprésente.  Ce fut une lecture pour moi intéressante à ce niveau.

C’est reposant d’être assise là, de ne pas avoir à parler, à penser, à paraître, simplement se laisser transporter ; ses pupilles ricochent de façades lézardées en constructions récentes ; ce pêle-mêle périphérique de pierre, de béton, d’acier, de centres commerciaux vitrés et de chantiers de parpaings. Le mouvement dilue ses pensées qui lui échappent, remplacées avant même d’avoir surgi, comme ce qui défile devant ses yeux. Son corps s’est détendu, elle a oublié le froid des pieds, elle est tranquille maintenant, hier et demain n’existent plus, seulement l’instant présent et sans conséquence.