Un territoire fragile

Eric Fottorino

Folio, 2013

Clara Werner, jeune femme fragile, saisit l’occasion d’un poste de biologiste pour partir en Norvège. On saisit déjà une urgence à partir.

On comprend très vite qu’elle fuit un mari manipulateur et très violent. 

Son supérieur, apercevant un certain mal être, un certain désaccord avec son corps, lui recommande une personne, un accordeur des corps. 

A travers le point du vue de cet accordeur sur Clara et son corps, Eric Fottorino utilise un lexique très précis sur le corps et ses blessures. L’accordeur, à travers ses mains, perçoit toute l’histoire du corps et essaiera de dénouer les noeuds.  Clara confiera son corps aussi à un peintre qui la peindra nue. 

On sent une volonté à travers ses actes une volonté de s’en sortir, de sortir de cette torpeur où l’a plongée la vie avec son mari, ainsi que des blessures d’enfance qui ont façonné sa vie. 

Ce livre a eu beaucoup d’échos en moi sur l’enfance et plus tard et j’ai pris conscience de l’importance de l’enfance sur l’être en futur et les erreurs qui seront les siennes. 

C’est très bien écrit et très précis dans le désarroi et les pensées de cette jeune femme. J’aurai aimé savoir quel a été le point de départ de l’écriture  de ce roman. 

Ce roman est dur et âpre… On lit ce roman sur un fil tendu, on espère tellement que Clara trouve un moment d’apaisement dans son corps et dans son esprit. Elle le trouvera à la toute fin, mais une fin tragique et plutôt belle. 

Chaque corps est un résumé du monde. Le temps lui passe dessus, dépose ses marques. Il apprend la vie, c’est le mouvement, puis se dépend d’elle, s’accommode de regarder les autres exister. 

Le corps est la chair de l’esprit. Chaque tourment de l’âme laisse sous la peau une fêlure et dessus, une foulure.

 

Trois jours avec Norman Jail

Eric Fottorino

Gallimard, 2016

Une jeune étudiante part à la rencontre d’un vieil écrivain, écrivain d’un seul roman mais qui n’a eu de cesse d’écrire chaque jour.

Ce livre est un dialogue entre les deux personnages. On découvre la vie de l’écrivain, sa maison, sa façon d’écrire… Dans le même temps, cet homme raconte beaucoup d’histoires. On ne sait pas ce qui est vrai ou pas.

On se retrouve à lire un de ses manuscrits avec cette jeune étudiante. Un manuscrit avec une obsession : Anna et ses variantes de chapitre 1.

Tout s’embrouille. On ne sait plus rien.

Je me suis ennuyée à la lecture de ce livre qui peut, peut-être, sembler jubilatoire à d’autres.

Je n’ai pas aimé ce ton.

Mais je vais persister à lire Eric Fottorino pour me faire un avis plus complet sur son écriture et ses romans.

 

 

Livre enfin sorti de ma PAL.