Le Nord du Monde

Nathalie Yot

Editions La Contre Allée, 2018

Ce roman commence comme une fable, une femme fuit vers le Nord pour échapper à l’homme chien. Mais on commence par aller au-delà du périphérique pour aller vers le Nord de la France et ensuite elle traversera d’autres pays pour approcher du Nord, le grand Nord. Cette fuite la met dans l’urgence. Elle court mais des rencontres la feront se poser dans certaines villes et cette pause la fera avancer dans ce qu’elle souhaite. Elle se sentira forte et aura plus de ressources. Elle aura de l’importance auprès de certaines personnes et cela la reconstruira mais rien ne lui est donné.  On la suit dans son périple en respirant l’atmosphère de chaque lieu traversé. Ce roman se lit en un seul trait.

L’écriture est poétique et aussi très efficace. Tout n’est pas dit, on lit aussi entre les lignes qui permet de s’interroger sur le personnage, mais aussi sur les gens qu’elle croise.

C’est un premier roman et cette écriture est très prometteuse.

Lu dans le cadre des 68 Premières Fois

 

 

Le détour

Gerbrand Bakker

Gallimard, 2013

Je me souviens avoir choisi ce livre pour l’histoire qui parle de maison isolée et d’Emily Dickinson.

En effet, le personnage principal est une professeur de littérature qui doit écrire sa thèse sur Emily Dickinson. Elle fuit les Pays Bas et elle emmène avec elle son exemplaire d’Emily Dickinson et aussi quelques meubles pour emménager dans cette maison du Pays de Galles.

Le début est intéressant. On s’interroge sur cette femme, les raisons de sa fuite, son installation dans cette maison délabrée et isolée.

Par petites touches, on en apprend plus par le point de vue du mari et aussi lorsqu’elle plonge dans ses souvenirs.

Au fur et à mesure de la lecture, le rythme de l’histoire ralentit et on entre dans des descriptions très détaillées de la vie quotidienne, de la maison, du jardin, de l’environnement. Elle qui voulait aussi être seule se retrouve à partager son quotidien avec un jeune homme très mystérieux.

On comprend les références à Emily Dickinson, son enfermement dans sa maison, la présence du jardin importante… et surtout l’analogie entre les deux femmes bien que notre personnage principal n’a pas écrit de poèmes mais tentait d’écrire sur Emily Dickinson. Son prénom reste un mystère aussi. Emily ?

Etait-ce là que Dickinson avait fait pendant la plus grande partie de sa vie d’adulte ? Avait-elle essayé de retenir le temps, de le rendre supportable et peut-être aussi moins solitaire, en le capturant dans des centaines de poèmes ? Pas seulement le TEMPS, mais aussi l’AMOUR, la VIE et la NATURE.

Comment diable cette Dickinson avait-elle pu se replier davantage, écrire des poèmes comme s’il y allait de sa vie, puis mourir ? Vie de l’esprit, vérité humaine – ou authenticité ? – exprimée à travers l’imagination et non par des actes.

J’ai apprécié le début du livre quand il recelait plein de mystères et de découvertes. Ensuite, je me suis un peu ennuyée dans le quotidien de l’héroïne bien que la fin a relancé tout un questionnement.

 

J’ai sorti ce livre de ma PAL où il dormait depuis 2014.