L’essentiel, et rien d’autre

Fumio Sasaki

Guy Trédaniel éditeur, 2017

 

Le psychologue Tim Kaser souligne que c’est le temps qui fait le bonheur, pas les objets matériels.

Réduire la masse de ses affaires, c’est se réapproprier le temps que les objets nous volent. Le temps est précieux. Quel dommage de le gâcher en s’occupant de biens matériels ! Et comme il est bon de le consacrer à la poursuite du bonheur !

On dit souvent que faire le ménage chez soi revient à s’occuper de soi-même. Je pense qu’il n’y a rien de plus vrai. Ce ne sont pas seulement la poussière et la saleté qui s’accumulent dans la maison, mais aussi les vestiges de ce que nous avons été. Si nettoyer la crasse est désagréable, c’est surtout la confrontation avec nos actions passées qui la tâche difficile. Quand on a moins d’affaires, quand l’entretien de la maison est devenu une routine, il ne reste rien d’autre à affronter que la trace de ses réussites quotidiennes.

Le simple fait de mener une vie organisée apporte énergie et confiance en soi.

Voici quelques extraits de ce livre dont j’ai apprécié la lecture. Je l’ai lu tout au long de cette année. On y trouve des photos de son appartement mais aussi de d’autres personnes vivant dans le minimalisme. Fumio Sasaki nous explique pourquoi il en est venu à être  minimaliste et tout ce que cela lui a apporté et changé en lui. C’est une vraie philosophie de vie.

 

Monsieur Origami

Jean-Marc Ceci

Gallimard , 2016

Comment parler de ce roman que vous devez absolument lire alors que la canicule me fait perdre tous mes moyens de réflexion ?

Je vais essayer. L’écriture de Jean-Marc Ceci est dépouillée, précise mais essentielle. « Monsieur Origami », dès les premiers mots, nous fait entrer dans une autre dimension, celle d’un état d’esprit importé du Japon. Chaque chapitre nous donne à contempler un tableau. On n’entre pas dans la psychologie des personnages. On voit les personnages. On découvre le washi, ce papier que fabrique Monsieur Kurogiku avec lequel il pratique l’origami. L’origami pourrait être une banale activité de pliage mais elle devient méditation avec l’activité de dépliage et d’observation. Ce Monsieur Kurogiku, appelé aussi Monsieur Origami vit dans une maison qui a été abandonnée par son propriétaire, en Toscane. Il a quitté le Japon pour une femme entrevue, une illusion. L’arrivée d’un homme plus jeune, Casparo, travaillant à un projet de montre complexe, permet d’en savoir un peu plus sur ce monsieur. J’ai beaucoup aimé ce livre qui procure un sentiment de bien-être rien qu’à le lire. Je le relirai pour mieux savourer encore chaque mot et essayer de saisir ce mystère d’écriture. Ce livre peut devenir un livre de chevet qu’on feuillette et dont on relit certains passages.