Les amants polyglottes

Lina Wolff

Gallimard « Du Monde Entier », 2018

 

Trois parties

Trois mondes différents

Un lien : Max Lamas, un écrivain, enfin son manuscrit.

Les amants polyglottes est le deuxième roman et le premier traduit en France de Lina Wolff, auteure suédoise.

J’aime beaucoup m’évader avec les auteurs nordiques et ici, on voyage  avec Ellinor en Scanie, petit comté suédois proche du Danemark, à Copenhague, à Stockholm. On voyage dans les turpitudes littéraires de Max Lamas et de ses journées d’errance et d’écriture. Ma partie préférée est celle concernant Lucrezia, car dès les premiers mots, toute l’Italie pénètre les pages du roman avec le bruit, les odeurs, une façon d’être…

La construction du livre est particulière. Les trois parties pourraient se lire indépendamment, comme trois nouvelles, sauf qu’il nous manque une chute… Le lien aussi entre toutes les parties c’est la recherche de l’amour de tous nos protagonistes ou leur interrogations à ce sujet. Les deux premiers protagonistes sont assez brut de décoffrage dans ce domaine, Lucrezia, elle, est plus fine et plus humaine à ce sujet. Il est fait référence à Houellebecq à plusieurs reprises dans le livre. Ellinor lit tous les livres de Houellebecq. On y trouve aussi des citations de ce dernier. 

Livre intéressant mais il manque un petit quelque chose pour qu’il prenne plus de consistance. Dommage !

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Toujours avec toi

Maria Ernestam

Babel, 2014

 

Maria Ernestam est une auteure suédoise contemporaine. J’avais lu et apprécié d’elle « Les oreilles de Buster », livre totalement captivant et « Patte de velours, œil de Lynx » dont la couverture avec ce chat parle d’elle-même.

Ce roman commence un peu comme une bluette, une femme, Inga, photographe d’art, vit encore difficilement le deuil de son mari, décédé deux ans auparavant. Elle trouve refuge dans une maison de famille sur l’île de Marstrand. L’auteure sait bien retracer cette vie insulaire suédoise et l’importance des voisins. Elle y retrouve d’ailleurs un très vieil ami, très attentionné. Mais l’intérêt du livre se porte très vite sur la découverte d’une lettre reçue en 1916 par sa grand-mère Rakel d’une certaine Léa. Inga plonge alors dans son histoire familiale en menant une enquête pour la reconstituer. On y découvre des secrets de famille. Toute l’histoire se reconstitue à la lecture en entendant la voix de Rakel en 1959 qui proche de la mort, se replonge dans sa vie et sa jeunesse et l’enquête d’Inga en 2007.

On se retrouve plongé dans la Suède de 1916 où la pauvreté extrême côtoie la richesse, où les jeunes filles doivent faire des choix et sont sacrifiées dans la famille au profit des garçons. Elles doivent partir pour trouver un travail de bonne.

On est confronté à la Grande Histoire avec la bataille de Jutland qui a fait rage en Mer du Nord et a laissé une multitude de cadavres anglais ou allemand enterrés sur le sol suédois. Les personnages se retrouvent d’ailleurs au milieu de ces cadavres.

Maria Ernestam nous tient en haleine tout au long du roman dans la reconstitution de cette histoire familiale. Elle y parle aussi de photographie car c’est le métier d’Inga, mais j’aurai aimé que cela soit plus développé, car on sent que l’Art est très important dans la vie d’Inga.

C’était un des premiers romans de Maria Ernestam traduit en France, les suivants sont meilleurs. Je vous recommande « Les oreilles de Buster ».

Patte de velours, oeil de lynx

Maria Ernestam

Gaïa, 2015

J’adore ce livre. Ce qui semblait être une simple histoire de chat et de territoire se transforme en un vrai thriller avec un rebondissement incroyable.

Sara et Björn viennent s’installer avec leur chat à la campagne. Leurs voisins les plus proches semblent très sympathiques mais la suite de l’histoire montrera qu’ils sont très surprenants et même inquiétants. Ce livre est à lire pour un petit moment de détente. J’avais lu du même auteur « Les oreilles de Buster » que j’avais beaucoup aimé avec une certaine tension qu’on retrouve ici dans ce livre sous des apparences tout à fait respectables.

J’adore la couverture !!!

 

La bibliothèque des cœurs cabossés

La bibliothèque des coeurs cabossés

Katarina Bivald

Denoël, 2015

Après avoir entendu Gérard Collard, célèbre libraire de « La griffe noire » vanter les louanges de ce livre et voir ces yeux brillants de bonheur, je me suis vite procurée ce livre. Le bandeau du livre faisait référence au « Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates ». Tout pouvait me plaire.

Donc, j’attendais que ce livre parle essentiellement de livres et de gens passionnés par les livres. Et j’ai été surtout déçue car ce livre parle surtout de gens habitants la petite ville de Broken Wheel dans l’Iowa. Je ne suis pas arrivée à savoir qui étaient vraiment ces gens, ils sont plutôt d’un genre taiseux.

Je me suis ennuyée à la lecture de ce livre que j’ai menée jusqu’au bout.

J’ai eu un léger éblouissement à la page 77 où Sara entre enfin dans la chambre d’Amy et découvre sa bibliothèque qui est vraiment impressionnante.

Je crois que j’aurai aimé plus rentrer dans la vie de ces gens. Le développement psychologique des personnages ne m’a pas semblé très développé. J’avais beaucoup de mal à resituer les multiples personnages. Je n’ai pas ressenti l’Amour des Livres à travers ces mots.

On avait en début de chapitre les lettres d’Amy à Sara. Mais aucun lien n’était vraiment fait ensuite avec le chapitre.

Voilà, je ne suis pas entrée dans ce livre.  J’aurais tellement aimé pourtant.

Les anges aquatiques, Mons Kallentoft

Les anges aquatiques

Seuil, 2014

 

J’avais adoré « Hiver », « Eté », « Automne », « Printemps » et je m’étais attachée au personnage de Malin Fors, enquêtrice très douée et maman solo qui fait comme elle peut.

Mons Kallentoft nous avait fait le plaisir d’écrire « La 5e saison ». Et sincèrement, je pensais que c’était fini.

Mais ce n’était pas fini !!! « Les anges aquatiques » est sorti en mai.

D’entrée de jeu dans cette nouvelle enquête, Malin Fors dit :
« Je veux être réincarnée en une personne sans addiction ni rêves, une personne libre et animée du seul désir d’être heureuse. » Ce n’est pas gagné à la lecture de ce nouveau tome.

Un double-meurtre, une enfant disparue… Cette enquête va mener à plusieurs pistes : une histoire de pots de vin, l’adoption d’enfant étranger…

On entre aussi dans la vie personnelle de Malin où nous sommes choqués aussi par l’attitude de Peter, ce prince pas si charmant. Sa vie personnelle est toujours un fiasco, alors qu’elle ne mérite pas cela. On suit aussi la vie de ces collègues.

Cette nouvelle enquête est conforme aux autres. Je pense qu’un 7e tome doit être prévu pour le bonheur de tous les fans de Malin Fors et de Mons Kallentoft bien sûr.