Vivre une vie philosophique – Thoreau le sauvage

Michel Onfray

Le Passeur, 2017

Je lis rarement du Michel Onfray mais ce livre m’a bien attirée car j’aime Thoreau et la vie qu’il a pu avoir.

Ici, ce petit livre vous donnera envie de lire Thoreau et de découvrir sa philosophie de vie qu’il applique au quotidien.

N’hésitez pas à passer le premier chapitre « Qu’est-ce qu’un grand homme ? », vous risquerez de ne pas lire la suite et de refermer le livre dès les premières pages. Vous lirez ce chapitre à la fin si vous le souhaitez.

Par contre, les chapitres suivants sont passionnants à lire.

Thoreau veut mener une vie philosophique, ce qui, chez lui, se confond avec mener une vie simple. Pas de travail au-delà de ce qui est nécessaire pour subvenir à ses besoins élémentaires. Pas de famille : avoir charge d’âmes, femme et enfant, c’est vivre pour eux, donc cesser de vivre pour soi. Pas de patrie : que signifient des frontières humaines quand la nature impose les siennes avec des montagnes et des plaines, des rivières et des océans ? Pas de liens : il ne veut dépendre de personne et ne souhaite pas non plus que d’autres dépendent de lui. Pas d’obligations morales à l’endroit d’autrui : la morale est une affaire entre soi et soi. Pas d’emploi du temps : il faut vire à son heure, selon ses besoins, en fonction de ses envies. Pas de vie mutilée, mais une vie inventée. Pas d’idéal séparé de la vie : il faut réaliser ses rêves, cheminer en compagnie d’un idéal. Pas de vie préfabriquée, mais une vie vécue comme une œuvre d’art, comme un création originale, sans double.

J’adhère totalement à cela bien que je ne l’applique pas au quotidien. Je me suis défaite de beaucoup de contraintes malgré tout pour vivre au plus près d’une vie qui me convient. C’est cette recherche d’être au plus près de soi, de ses désirs, de ses besoins qui doit nous animer tout au long de notre vie. Vivre une vie authentique. 

Mener une sorte de vie indienne

Son romantisme est primauté à la sensibilité : il fait du cerveau un organe à la traîne et demande à la totalité de son corps de le renseigner sur le monde. Voilà pourquoi, il ne boit ni thé, ni café, ni alcool, voilà peut-être aussi pourquoi il n’a pas de sexualité ou pas d’attache affective : pour disposer d’un corps très affûté afin de ressentir la moindre vibration du monde. Pensée d’Indien.

S’il est un naturaliste haut de gamme, Thoreau est également un fin lecteur. Il n’y a pas chez lui d’observation de la nature sans lecture, ni lecture sans observation de la nature. C’est ce contrepoint qui constitue son originalité : il est sensualiste, empirique, praticien, expérimental, mais aussi penseur, philosophe, lecteur, méditatif. Il vit dans les bois et il s’imprègne de la Bhagavad Gita ; il construit sa cabane et il médite les Lois de Manon ; il n’aurait rien contre manger du rat et il possède les Vies parallèles de Plutarque dans sa bibliothèque. Une bibliothèque dont il a établi le catalogue : on y trouve aussi bien Homère qu’une Histoire populaire des lichens anglais, Dante qu’un ouvrage sur les papillons anglais, Cicéron que des volumes racontant la recherche en Arctique, Shakespeare que des opus consacrés aux coquillages, Euripide que des manuels de topographie, Sophocle que des livres d’ornithologie, Locke que des essais sur la minéralogie ou la géologie.

Thoreau est un érudit proche de la nature et un curieux de ce monde.

Bref, j’adore ! La vie de Thoreau est inspirante et cette année, je vais continuer à le lire. J’ai le Tome 1 de son journal à lire (celui des Editions Finitude), le « Walden » aussi ainsi que la biographie de Thierry Gillyboeuf à lire « Henri-David Thoreau : le célibataire de la nature ».

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