Le goût du large

legoutdularge

Nicolas Delesalle

Préludes, 2015

Envie d’une nouvelle façon de voyager ? Et bien, testez le cargo !

C’est ce qu’a fait Nicolas Delesalle qui a embarqué sur un cargo durant neuf jours pour un voyage qui le mènera à Istanbul. Ce voyage est aussi le prétexte de se plonger dans ses souvenirs de reporters et ou dans celles de ses amis. On découvre aussi la vie à bord d’un cargo avec un équipage philippin qui les éloigne loin de leur famille pendant de longs mois. Les souvenirs de reportages sur les zones de guerre m’ont fait penser à un autre livre que j’ai apprécié d’un ancien de reporter de guerre : « Lettres de Bagdad » de Lucas Menget.

https://voyageauboutdemeslivres.wordpress.com/2014/11/30/lettres-de-bagdad/

Je me suis toujours demandée qu’est-ce qui poussait ces journalistes à aller dans des endroits dangereux où se vivent des drames effroyables. Je pense à témoigner, rapporter, montrer… Mais comment vivre avec tout cela, ces morts, ces drames avec le retour à la vie quotidienne, auprès de sa famille… Quel regard ces reporters portent sur la Vie en général ? Est-ce que ce travail n’est pas une fuite ?

J’ai découvert aussi cette règle de non intervention qui doit être si difficile à enfreindre et que Nicolas Delesalle a néanmoins enfreint pour sauver deux bébés qui allaient mourir de faim.

Comme tous les jours, j’ai passé la moitié de la journée à écrire et l’autre à regarder la mer, à tribord, à l’avant, loin des bruits des machines, assis sur une bitte jaune où les maris accrochent les aussières quand ils arrivent au port. Les journées se répètent, se récitent, métronomiques, mais ce rythme régulier n’a rien de commun avec celui du quotidien parisien, quand les jours jumeaux finissent pas rougir les organismes. Ici l’habitude n’est pas un acide, c’est une pulsation rassurante et le cargo devient peu à peu un lieu de solitude heureuse.

Revenons au cargo. J’avais envie de lire ce livre pour découvrir ce temps laissé entre parenthèses sur un cargo, loin de tout mais près d’un mode de vie très particulier de ces salariés qui vivent de façon très isolée du monde sur ce bateau. Tentée au début par un voyage en cargo, je crois que j’étoufferai littéralement comme pourrait l’être un lion en cage. Je pense que je me sentirai très très mal, comme j’imagine cela serait le cas aussi sur un bateau de croisière immense.

Sachez que l’agence « Mer et voyages » proposent ce genre de voyage. http://www.mer-et-voyages.info/

C’est impressionnant toutes les destinations proposées mais peut-être qu’un jour je me laisserai tenter.

Un parfum d’herbe coupée

un parfum d'herbe coupée

Nicolas Delesalle

Le Livre de Poche, 2016

 

Nicolas Delesalle narre ici ses souvenirs d’enfance, d’adolescence et aussi de jeune parent. Il adresse ses souvenirs à Anna, sa future arrière petite fille.

Ce sont des souvenirs de surface où tout le monde peut s’y retrouver, pas assez introspectif à mon goût. Nicolas Delesalle y apparaît comme un homme tout à fait « respectable », peut-être est-ce du au fait qu’il était le seul garçon élevé parmi des filles et il me semble qu’il est le père uniquement de filles.

C’est un livre détente et doux à lire l’été les jours de pluie.

J’ai aimé certaines nouvelles comme « Les mots » où il parle des livres et de l’impact qu’a eu sur lui « Siddhartha » de Herman Hesse recommandé par un professeur de français, de la maison de ses parents pleine de livres, de la « colle » imposée par un professeur où il dut lire un livre chaque mercredi, de son amour pour l’écriture de Boris Vian… Une ode aux professeurs, aux livres et aux libraires.

J’aime aussi « Lisez-le » où le narrateur compare l’école  à une salle de spectacle. Et là, je partage le même point de vue sur ce sujet, en étant professeur moi-même. La salle de classe est une scène où il faut insuffler énergie, passion, zénitude et donner envie aux élèves d’embarquer dans un voyage quotidien.

Je viens de  finir de lire « Le goût du large » qui offre une part belle aux souvenirs de reportages de Nicolas Delesalle à partir d’un cargo. J’ai plus apprécié ce dernier.

 

Mes derniers achats à Saint Maur en poche

Saint Maur en poche est un merveilleux salon où règne la convivialité et le bon esprit. Et surtout, il permet de rencontrer en toute simplicité des auteurs : des auteurs de littérature générale, des auteurs de polar et des auteurs jeunesse.

J’ai revu avec plaisir Valérie Tong Cuong, une auteure que j’aime énormément autant pour ses romans que pour sa personnalité et sa gentillesse. J’ai pris « Gabriel » que je n’ai pas encore lu et « Pardonnable, impardonnable » pour une amie.

J’ai fait ma timide devant David Nicholls et j’ai envoyé un émissaire lui demander une dédicace. J’ai découvert Nicolas Delesalle et ses livres « Le goût du large », « Un parfum d’herbe coupée ». Son troisième livre sur lequel il travaille sera une réflexion sur ce qu’on vit actuellement, ce marasme ambiant. Enfin, si j’ai tout compris. J’ai envie de lire aussi « La Drôle de vie de Zelda Zonk » de Laurence Peyrin et j’ai appris que Zelda Zonk est le nom que donnait Marilyn Monroe quand elle voulait passer incognito (j’ai du mal à imaginer comment elle pouvait passer incognito juste en donnant un autre nom…).

Et puis, je suis allée dire à Lionel Duroy que j’avais beaucoup aimé « Echapper » que j’ai lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2016 et j’ai pris « L’hiver des hommes » qui a eu le Prix Renaudot des Lycéens en 2012. Pour moi, c’est une référence les prix donnés par les lycéens.

Voici le butin ramené.

photo 2016 Saint Maur en Poche