Trois jours avec Norman Jail

Eric Fottorino

Gallimard, 2016

Une jeune étudiante part à la rencontre d’un vieil écrivain, écrivain d’un seul roman mais qui n’a eu de cesse d’écrire chaque jour.

Ce livre est un dialogue entre les deux personnages. On découvre la vie de l’écrivain, sa maison, sa façon d’écrire… Dans le même temps, cet homme raconte beaucoup d’histoires. On ne sait pas ce qui est vrai ou pas.

On se retrouve à lire un de ses manuscrits avec cette jeune étudiante. Un manuscrit avec une obsession : Anna et ses variantes de chapitre 1.

Tout s’embrouille. On ne sait plus rien.

Je me suis ennuyée à la lecture de ce livre qui peut, peut-être, sembler jubilatoire à d’autres.

Je n’ai pas aimé ce ton.

Mais je vais persister à lire Eric Fottorino pour me faire un avis plus complet sur son écriture et ses romans.

 

 

Livre enfin sorti de ma PAL.

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Chroniques de l’Université invisible

Maëlle Fierpied

Ecole des Loisirs, Collection Médium, 2010

Ce livre, je l’ai acheté en 2010 car quelqu’un avait comparé son univers à celui d’Harry Potter.

J’adore et j’ai adoré lire Harry Potter. D’ailleurs, j’envisage de lire le premier tome en lecture offerte à mes élèves à la rentrée. 

Ce roman pour jeunesse relate une Université qui enlève des enfants à leurs familles. Des enfants doués d’un don de télépathie : les Penseurs. On suit l’histoire de trois enfants : Mélusine, Tristan et Framboise et leurs découvertes de l’Université. On apprend que leur existence est effacée dans l’esprit de leur famille et de leurs proches.

Ce livre de 461 pages est destiné aux jeunes lecteurs capables de lire un petit pavé. Il est intéressant si on aime les histoires d’êtres différents tels que les vampires. On découvre l’Université et ses enjeux.

Il se lit facilement tout en voyant les scènes, les lieux, les personnages. Tout y est bien décrit.

Je lui ai trouvé quelques longueurs, peut-être est-ce dû à mon grand âge…

Ce livre est enfin sorti de ma PAL. Je l’ai lu à un moment où cela convenait bien à mon esprit, plutôt fatigué.

La nuit des béguines

Aline Kiner

Liana Levi, 2017

Ce roman historique traitant du béguinage au Moyen Age fut une lecture passionnante. J’adore lire des romans où on apprend des choses et nous plonge dans un univers qui nous fait sentir et vivre une ambiance, une époque.
L’écriture d’Aline Kiner très précise et très documentée a su faire ce tour de force.

Alors qu’est-ce que le béguinage ? Je vous mets la présentation de l’éditeur qui explique très bien le contenu de ce roman.

À Paris, au Moyen Âge, un bâtiment singulier borde la rue de l’Ave Maria, dans le Marais : le grand béguinage royal, fondé par saint Louis. Dans ses murs, vit une communauté de femmes hors normes. Veuves ou célibataires, nobles ou ouvrières, elles peuvent étudier, travailler, circuler librement dans la cité. Mais en 1310, la sérénité du béguinage est troublée par l’exécution en place de Grève de Marguerite Porete, une béguine de Valenciennes brûlée vive pour avoir écrit un livre qui compromet l’ordre établi… C’est là que commence le roman, alors que le royaume de Philippe le Bel amorce son déclin et que les persécutions contre les Templiers se multiplient. Ysabel, responsable de l’hôpital, vit là depuis vingt ans lorsque la jeune et rousse Maheut s’y réfugie. Celle-ci fuit des noces imposées par son frère, et la traque d’un inquiétant moine franciscain. Son arrivée est mal accueillie par la majorité des femmes du clos : les cheveux roux ne sont-ils pas l’oeuvre du Diable ? Dame Ade, qui aspire à se tenir en retrait du monde depuis la mort de son mari, regarde elle aussi avec méfiance la nouvelle venue. Ysabel est obligée de cacher sa protégée ailleurs dans la cité… Ce n’est que le début d’un saisissant suspense qui nous emmène dans une époque charnière d’une étonnante actualité.

J’ai toujours été intéressée par la condition des femmes. J’ai trouvé incroyable qu’un tel lieu existe au Moyen Age et je trouve cela très avant gardiste. On n’a pas de tel lieu de nos jours à part les couvents… mais cela n’a rien à voir. C’est un lieu où se côtoient différentes femmes de différentes conditions sociales, on ne ressent pas à la lecture de tensions, de jugements, de jalousie mais plutôt une entraide, un sentiment de protection mais aussi cette liberté accordée aux femmes à cette époque. Cela les rend plus fortes. Elles travaillent, étudient et semblent indépendantes. Mais cela reste un lieu contrôlé mais elles semblent bénéficier d’une certaine autonomie et indépendance.

Il est tant de manières de vivre sa foi hors de l’Eglise. Toutes les béguines n’ont pas la chance -ou ne font pas le choix – d’être accueillies dans de grandes institutions comme celle de Paris. Beaucoup habitent à plusieurs dans de petites maisons, au cœur des cités, et travaillent. D’autres préfèrent mener leur existence seules. Certaines même, qu’on qualifie de béguines errantes, pratiquent la mendicité et prêchent dans les rues.

Aline Kiner nous fait revivre le Paris du Moyen Age où dès qu’on s’éloigne du centre de Paris, on se retrouve à la campagne, dans les champs.
Je ne peux que recommander la lecture de ce livre. L’écriture nous tient en haleine. On aime ces personnages de femmes indépendantes qui se suffisent à elles-mêmes.
Et pour tout le côté historique mis très habilement en mots par Aline Kiner.

En dehors de ces murs, le monde est rude pour les femmes. Nous nous devons les unes aux autres. 

De nos jours, toutes les femmes devraient avoir cela à l’esprit. Rien n’est donné ou acquis aux femmes. L’entraide est nécessaire.

Ce livre était dans ma PAL depuis septembre 2017 et donc, participe à mon objectif PAL.

Magique aujourd’hui

Isabelle Jarry

Gallimard, 2015

Présentation de l’éditeur

Dans un futur proche, Tim est un jeune chercheur ; il entretient une relation fusionnelle avec Today, son assistant androïde. Lorsque Tim est envoyé une semaine en cure de déconnexion dans une campagne isolée, sans réseau ni communications, le robot, livré à lui-même, va s’essayer à l’autonomie. Tim fait l’expérience de la solitude et du sevrage. Plongé en pleine nature, il découvre le lien puissant qui l’unit à la terre, au ciel, aux animaux. Le jeune homme se dévoile au fil des situations tandis qu’on assiste, ému et réjoui, à la naissance d’une conscience et d’une personnalité originales : celles du robot. Dans un texte où affleurent sans cesse l’humour et la poésie, Isabelle Jarry nous propose quelques visions de ce que pourrait être le monde de demain, ou plutôt de cet «aujourd’hui magique», que nous voudrions enchanté par la technologie.

Mon avis

Ce livre est un cadeau offert par une personne proche. Cette personne ne savait pas que je connaissais cette auteure pour avoir lu et apprécié deux autres de ses romans : Millefeuille de onze ans et J’ai nom sans bruit. Déjà, ce que j’en lisais de la présentation de l’éditeur me plaisait : les liens avec les nouvelles technologies et leurs dérives, l’expérience de la solitude…

Donc, j’ai commencé la lecture avec beaucoup de plaisir. Il y avait plusieurs choses intéressantes dans l’histoire de Tim et de son robot Today. Today est un androïde de la taille d’un enfant de 12 ans. C’est un robot à l’attachement profond qui évolue en fonction des interactions avec son maître. Cette histoire se passe dans un futur proche (2050).

Tim aimait Today. Il voulait le garder pour lui, et rien qu’à lui. En faire une sorte de colocataire idéal. Et il y serait sans doute parvenu sans le contrôle de la médecine cybernétique qui venait de l’extraire de son cocon. « Non, Tim, on ne pactise pas ainsi avec les machines, elles ne sont pas des camarades de jeu ordinaires. Oublie un peu ton robot domestique et reviens parmi tes semblables. » Le gouvernement ne permettait pas ce genre de dérives, trop conscient des risques qu’elles auraient pu faire courir à la société tout entière. Les machines « intelligentes » étaient devenues en moins de dix ans le premier facteur d’addiction et quasiment personne n’y échappait.

On suit le séjour de Tim en cure de désintoxication dans une zone blanche et on suit aussi le petit androïde Today qui se retrouve livré à lui-même. Tim n’ayant pas pu le prévenir.

On découvre au fur et à mesure de la lecture que Tim faisait des recherches sur les situations, les conditions et les réactions extrêmes et en particulier s’intéressait à un japonais, M. Izumi qui a vécu seul dans la zone autour de Fukushima depuis la catastrophe nucléaire de 2011, donc plus de quarante ans.

Il met en parallèle sa solitude à celle de M. Izumi. Tim retrouve sa dimension humaine en étant seul, en retrouvant la conscience de son corps par les travaux physiques, par le temps passé seul où ses pensées peuvent de nouveau vagabonder.

Il se dit seul alors qu’il est accueilli chez une dame un peu abrupte.

J’ai beaucoup aimé un passage où Tim découvre dans la maison de son hôtesse une vraie bibliothèque assez conséquente. J’aime l’émerveillement qu’il ressent face à celle-ci et compare par rapport à l’accès des données sur internet.

Tim parcourut encore les rayonnages, explorant au hasard, tirant un livre par-ci, un dossier par-là, laissant aller ses yeux de bas en haut et de long en large,ne sachant où donner de la tête, curieux de tout, pris soudain d’un émerveillement devant cette accumulation, cette forêt de livres et de papiers. En bas, la musique, après un long lamento mélodieux, s’était arrêtée. Ce qui frappait dans la quantité de documents, c’était sa présence physique, plus encore que son importance. Tim, virtuellement, avait accès à tous les documents du monde, mais il ne les voyait pas. Il devait les chercher un par un sur internet. Et il devait trier parmi la somme d’entrées qui lui était proposée. Jamais pourtant il n’avait la possibilité de « voir », de « toucher », de chercher au hasard, de se laisser surprendre. Si ! Cela arrivait aussi sur le net, il avait parfois d’heureuses surprises, des choses totalement inattendues qui apparaissaient sur des sites qu’il n’aurait jamais songé à consulter si le moteur de recherche ne les lui avait mis sous le nez. Mais cela surgissait par hasard. Tim, face à cette bibliothèque, éprouvait une sensation de possession tout à fait inhabituelle. Il ne pouvait englober du regard tous les livres et documents présents, mais il aurait pu, s’il l’avait voulu (et s’il en avait eu le temps), les sortir un à un de leurs rayonnages et les ouvrir, les parcourir ou les lire, regarder les illustrations, s’asseoir sur le divan avec un de ces milliers de dossiers et en prendre connaissance. Dans le même temps il prenait conscience de la durée qui seule avait permis de rassembler autant de choses. Ce qu’avait fait le propriétaire de cette collection d’archives (car nul doute qu’il avait lu tout ce qui se trouvait ici, et parfois même écrit ou produit lui-même certains rapports, mémoires, articles), Tim ne pouvait le refaire. C’était l’œuvre d’un vie entière.

J’aime aussi quand il parle d’un ami qu’il qualifie d’ « explorateur urbain ».

J’aime aussi l’attachement à son robot avec qui il échangeait en permanence.

Today était cet autre qui permettait à Tim de ne pas rester enclos dans son for intérieur, qui ne laissait pas la richesse de sa vie intime se déployer dans l’espace de sa seule pensée.

Je comprends cela. On a pas un être près de soi avec qui partager ses pensées en permanence. L’échange avec un autre est enrichissant. Il y a des couples d’intellectuels qui ont vécu cela au quotidien comme Sartre et Beauvoir. La lecture des livres permet cela aussi. Entrer dans la pensée d’un autre via ses mots permet d’enrichir sa pensée au quotidien.

La fin du roman peut laisser perplexe au premier abord. Mais on sent que les androïdes si intelligents et attachants vont prendre une place de plus en plus importante dans cette société du futur et l’homme peut retrouver dans la nature des sensations qu’on pouvait croire à jamais perdues. L’intelligence humaine existera toujours mais pourra faire partie des territoires à reconquérir.

Ce livre m’a fait penser tout de suite au film « Her » de Spike Jonze où Joaquim Phénix tombe amoureux de Samantha, un Operating System. Bon OK, la voix de l’OS en question avait la voix suave de Scarlett Johansson.

Ce livre était dans ma PAL depuis plus d’un an.