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Matthias Jambon-Puillet

Editions Anne Carrière, 2018

Le livre s’ouvre sur une scène de polar : une femme nue, portant uniquement une guêpière est retrouvée morte sur son lit. On découvre aussi un homme nu et menotté dans la salle de bains, mal en point mais encore vivant. Cette femme s’appelle Sabrina. Lui, Marc.
On s’interroge tout de suite, on est intrigué sur ce qui a pu se tramer ici. Surtout quand on apprend que cet homme a disparu depuis deux ans.
On entend la voix de Nadège, son ancienne compagne qui a refait sa vie depuis.
Ce livre parle de BDSM, de soumis, de dominant… Et tout cela, je l’assimile à de la misère sexuelle. Ici, la soumission n’est pas un simple jeu d’un soir mais engage tout une vie et deux personnes. La personne soumise n’existe plus qu’au regard de son maître. Un vrai cauchemar à mon avis. Mais qu’est-ce qui fait qu’une personne bascule dans ce mode de fonctionnement ? Ce livre essaie de donner une réponse mais cela me reste totalement incompréhensible.

Ils marchent. Ils parlent. Sabrina raconte sa vie, son boulot, son appart, son célibat. Marc raconte la fin de son lycée, le bac de justesse, les deux premières années perdues à Lyon II, la troisième s’il le faut, jusqu’à ce qu’il trouve quelque chose qui lui plaise.
« Quoi? » demande-t-elle ?
« Aucune importance en fait », répond-il. Les plans ont changé, il est temps de prendre ses responsabilités. Il compte l’annoncer ce soir : sa fiancée est enceinte. Ce n’était pas prévu. Mais il ne regrette pas, promis. Elle veut le garder et lui veut faire ce qu’il faut, Sabrina ne comprend pas, en quoi l’enfant change tout, qu’est-ce qu’il l’empêche de continuer à étudier ? Marc lève les yeux, regarde le ciel. Un enfant, c’est une responsabilité, morale, financière. Il doit se marier, il doit mettre la fac de côté, le temps de se stabiliser. D’ailleurs, ses parents l’y encouragent, feront ce qu’il faut pour les soutenir. Ils en ont beaucoup parlé, ils y tiennent. Son ami Nicolas lui a proposé de prendre une place a son atelier, en menuiserie, au moins les premières années du bébé. Ce ne sera pas si mal. Si le cœur de Sabrina continue à battre, ce n’est plus de désir.

Marc en était là avant de disparaître.
Nous découvrons ensuite comment se passent les journées d’un soumis et la relation très spéciale avec sa maîtresse, la dominante. Cette Sabrina mène une existence affreusement banale en apparence mais a une vie très spéciale quand la porte de son appartement se referme sur elle et sur lui.
Après la lecture de ce livre, je ressens du dégoût, la sensation de toucher à quelque chose de très malsain, d’entrer aussi dans un monde totalement parallèle où toutes les règles du jeu ne sont pas les mêmes.
Je me suis posée les intentions de l’auteur. J’ai vu qu’il s’était frotté à ce monde étrange pour écrire son livre. Mais pourquoi vouloir écrire sur ce sujet ? C’est très intrigant. Mon imaginaire débordant imagine tout un tas de choses.
Pour finir, un passage qui m’a fait froid dans le dos :

Quand il ne tourne pas la page, Marc se gratte le cou, se passe la paume contre la nuque. C’est un réflexe, le collier lui manque.

La fin du livre est absolument horrible (et affreusement pitoyable). Je parle de l’histoire bien sûr car l’écriture, elle, est maîtrisée.

Lu dans le cadre des 68 Premières fois

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