Un an après

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Anne Wiazemsky

Gallimard, 2015

Je crois avoir lu tous les livres d’Anne Wiazemsky et cela a commencé il y a des années. J’apprécie son écriture et ses derniers romans autobiographiques me la font découvrir encore plus. De ces derniers, j’ai lu « Une année studieuse » où elle raconte ses débuts au cinéma avec le film de Robert Bresson « Au hasard Balthazar » et sa rencontre avec Jean-Luc Godard qui deviendra son mari. J’ai apprécié énormément « Mon enfant de Berlin » où elle met en scène sa mère ambulancière (fille de François Mauriac) pendant la guerre à Berlin. C’est un livre très romanesque, très cinématographique.

Dans cette même veine d’écriture, « Un an après » relate sa vie avec Godard au quartier latin en 1968 et la grande Histoire se retrouve dans leur histoire. C’est passionnant, la découverte de ce couple incroyable et l’impression de vivre Mai 1968 à travers ses yeux. Une tranche d’Histoire dans un roman et en plus un roman très vivifiant, ce fut une lecture très agréable.

J’attends le prochain avec impatience.

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Le bleu des abeilles

Le bleu des abeilles

Laura Alcoba

Gallimard, 2013

Ce roman autobiographique raconte l’arrivée en France d’une petite fille de 10 ans avec sa mère. Elles viennent de La Plata en Argentine. Sa mère est une réfugiée politique. Son père est encore emprisonné en Argentine.

Ce roman m’a intéressée en tant qu’enseignante. J’ai régulièrement des élèves non francophones et de lire ce témoignage, les impressions de petite fille de Laura Alcoba m’a intéressée.

J’ai noté cet extrait :

« Dans la cour de mon école, pourtant, j’essaye de ne pas trop parler. Je n’ai pas envie qu’on me repère. Non seulement parce que j’ai peur d’entrer dans une conversation que je ne maîtriserais pas, un échange où je perdrais pied et qui conduirait un enfant de Jacques Decour à dire aux adultes que pour moi, ça ne marche pas, cette histoire de bain, qu’il faut au plus vite qu’on me sorte de la piscine. Mais aussi parce que je n’aime pas montrer mon accent. Il me fait honte. »

C’est vrai qu’en tant qu’enseignante le fait d’être immerger à l’école dans la langue française : en classe, dans la cour me faisait penser que cela allait aller vite pour cet enfant pour apprendre cette nouvelle langue. Mais ce n’est pas si simple, car il y a des blocages en fonction de la raison pourquoi la famille est arrivée en France et aussi dans quelles conditions de vie est soumis cet élève. Les hôtels sociaux où la famille s’entasse dans une chambre avec toutes les difficultés du quotidien n’est pas facile à vivre pour un jeune enfant.

Ce roman est intéressant à plus d’un titre pour voir l’immersion d’une petite fille étrangère dans notre pays et prendre un peu de recul par rapport à cela.