La servante écarlate

Margaret Atwood

Robert Laffont, Collection Pavillon Poches, 2017

 

J’ai regardé la série, les deux saisons, avant d’entamer la lecture de ce livre. J’ai adoré cette dystopie mettant en scène Defred, cette servante habillée de rouge destinée à la reproduction dans ce pays Gilead, né d’un coup d’état aux Etats-Unis.

Ma lecture et le visionnage de la série se confondent aujourd’hui pour donner mon ressenti de lecture. J’ai lu en ayant en tête les personnages, les lieux de la série. Certains éléments sont reproduis fidèlement, d’autres diffèrent. J’ai eu envie de lire ce roman pour prolonger le plaisir que j’ai eu à visionner la série.

Ce roman montre comment un peuple, par la force, se soumet à des ordres, se fond pour ne pas faire de vagues, la suspicion est partout. Chacun se surveille, même au sein des couples. On imagine la solitude de chacun.

Mais une lueur d’espoir surgit quand la parole s’ouvre entre deux servantes.

Dans cette dystopie, la lecture est interdite sauf pour les Commandants. Les épouses n’y ont pas accès et encore moins les servantes. Le Commandant a une pièce où il y a des livres, de la musique. Il permet à Defred de lire de vieux magazines lors de leur rendez-vous secret. C’est inimaginable cette transgression. L’épouse n’est pas au courant et n’a pas le droit à ce privilège.

L’écriture est présente dans la chambre de Defred avec cette inscription « Nolite te salopardes exterminorum » qu’elle trouve gravée dans le bois du placard. Un signe de résistance.

Tout le monde a sa place, chacun a son rôle bien défini à tenir, sinon c’est la mort ou l’envoi dans les colonies où la mort sera malgré tout au bout.

Même les Epouses sont réduites à peu de choses : tenir la maison. Elles ne travaillent pas.

La femme bien placée ou pas dans la hiérarchie sociale est soumise à l’homme, ses droits sont réduits ou inexistants.

Dans le livre, il est montré comment ces gens ont pris le pouvoir, chaque citoyen n’a pas su réagir face à la force armée. On n’est pas préparé à cela.

Ce livre est passionnant à lire et faire réfléchir sur les dérives supposées de la société. Nos combats pour la condition des femmes ne sont pas finis. On doit libérer les femmes d’elles-mêmes. On doit tout revoir, les bases de la société, l’uniformité des comportements, la liberté de plus en plus réduite où tout est ordonné par les lois et les décrets. Chaque pas et chaque déplacement sont codifiés. Chaque parcours de vie est peu variable d’une personne à l’autre. On travaille avec peu de libertés, des lourdes charges à payer qui fait qu’on profite peu de notre labeur (l’aliénation). Je pense au livre de Walden, que je suis en train de lire et de ses réflexions qui en 1854 sont déjà une belle critique de la société. On pourrait reprendre certaines pensées telles quelles pour critiquer la société actuelle et surtout la société de consommation. Nos libertés se restreignent et on s’habitue à cela. Ce que raconte Margaret Atwood est tout à fait vraisemblable.

J’ai adoré la série, la façon dont elle est tournée est remarquable.

Je me suis réconciliée avec l’écriture de Margaret Atwood dont j’avais lu un livre il y a très longtemps « La voleuse d’hommes » que j’avais trouvé sans intérêt. Là, j’ai envie de lire sa trilogie d’anticipation qui commence par « Le dernier homme ».

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La dérobée

Sophie De Baere

Editions Anne Carrière, 2018

 

Ce qui m’a plu dans ce roman, c’est qu’on est tout de suite happé par l’histoire.

Claire croise dans son immeuble son nouveau voisin, Antoine qui se trouve être un ancien amour de jeunesse et même son premier amour. C’est intrigant car c’est une telle coïncidence et surtout c’est prétexte à nous plonger dans leurs adolescence et leur parcours de vie. On n’entre pas par contre, dans un atermoiement psychologique des personnages. L’auteur ici retrace leur histoire.

Sophie de Baere raconte très bien cet amour entre les deux adolescents. C’est doux. Les mots sont bien choisis. Des adolescents encore enfants. J’ai beaucoup aimé cette partie. Lui venant de Paris tous les étés dans cette campagne où elle habite.

On était à la lisière de deux mondes. Mais on penchait plutôt du côté de celui des mômes de dix ans. Les filles et les gars de la place qui alignaient des Heineken fumant des gitanes trop fortes chapardées à leurs pères vivaient dans une réalité qu’on ne goûtaient pas encore. Antoine et moi, on obéissait aux lois de nos songes, de nos dessins animés et de nos livres d’aventures préférés. On paressait mollement dans ma mansarde après avoir couru tout le jour, avec Cookie, dans les champs de tournesols. On flottait dans l’air mielleux du ciel orange de cet été 1985. Talons fendillés, piqûres d’aoûtats, feu sur la peau.

Deux enfants d’origine sociale différente. Deux familles et leurs secrets respectifs.

L’auteure alterne les chapitres où on se plonge dans ces étés de retrouvailles et les moments où trente ans plus tard ils se sont retrouvés. Antoine est devenu un photographe célèbre. Claire est responsable d’une boutique sur une aire d’autoroute.

Un parcours digne des Héritiers et de reproduction sociale.

A chaque changement de périodes, il y a des rebondissements dans l’histoire et des découvertes étonnantes. C’est un livre scénarisable.

Le plus intéressant c’est le parcours de Claire et sa prise de conscience que toute sa vie, elle s’est dérobée à elle-même et a laissé d’autres décider de sa vie. Elle a vécu pour les autres et malgré les incidents de parcours, elle réussit à surpasser cela et a vivre la vie qu’elle souhaite.

En parlant de sa fille Solène lors du mariage de cette dernière.

Solène, elle, a cessé de se chercher un metteur en scène. Elle a saisi l’importance de sa propre mesure. C’est aujourd’hui une sentinelle qui mène son existence comme dans les livres dont vous êtes le héros. Elle choisit, demande, refuse, s’offusque, réclame. Solène se bat, elle se bat pour aimer et être véritablement aimée. M’avoir vue presque mourir du chagrin de la renonciation l’a, en quelques mois, métamorphosée. Ce ne sont rien d’autre que mes sanglots de regret et mon corps décharné qui l’ont poussée à rejoindre le père de sa fille et à lui extirper un amour digne d’elle. Solène, ma douce Solène, tu ne seras pas ma copie. Tu ne laisseras pas modeler, corriger, puis souvent effacer. Et quand je te regarde aujourd’hui dans ta jolie robe de mariée et dans ton bonheur assumé et presque arrogant, tu ne ressembles à personne. Ni à moi, ni à ta malheureuse grand-mère. La malédiction est rompue. Et je me dis que, moi aussi, je suis en train d’en finir avec elle.

Bref, j’ai aimé ce livre pour son côté distrayant. On adhère à l’histoire.

Lu dans le cadre des 68 Premières fois.

Juste un peu de temps

Caroline Boudet

Editions Stock, 2018

Caroline Boudet nous propose ici le portrait d’une jeune femme, Sophie, mère de famille, épouse, salariée qui court tout le temps. Elle dresse des listes quotidiennes de tâches à faire pour répondre aux besoins de ses enfants, de son conjoint. Sans cesse sollicitée (même sous la douche), elle doit prévoir, anticiper. Toute la vie de la maisonnée repose sur elle. Cette femme est surchargée physiquement et mentalement.

Caroline Boudet nous montre que cette femme qui assume tout dans la vie familiale est carrément flouée à son travail. En effet, elle est rétrogradée à la naissance de son enfant, mise au placard alors que son collègue masculin devenant père est plutôt mis en avant et promu. Le mari de Sophie est peu investi dans cette spirale quotidienne, Sophie lui laisse peu de place à prendre tout en charge elle-même.

Sophie, à un moment, souhaite un répit et s’évade dans une ville voisine au bord de la mer et y restera quelques jours, ne donnant pas de nouvelles à sa famille.

Elle se repose dans un premier temps et ensuite elle prend le temps de réfléchir à ce qu’elle souhaite. Elle veut changer sa vie, se retrouver, ne pas s’oublier dans sa vie.

A la fin, elle retourne chez elle, boostée et elle constate que finalement rien n’a changé. Tout au long de la lecture, nous avons le point de vue de plusieurs personnes : son mari, ses amies, son collègue amoureux d’elle, une cliente d’un restaurant qui aperçoit Sophie déjeuner seule, son fils… C’est très intéressant de lire tous ces regards.

Je me suis posée la question à qui s’adressait ce livre.

Il montre un quotidien de nombreuses femmes, je présume, qui prennent tout en charge, qui doivent laisser de côté leur métier pour cela et perdre aussi un peu de leur âme. Je pense que la cible sont ces femmes.

Si on analyse un peu plus près, on peut se questionner sur le pourquoi de cette vie. Apparemment, c’est quelque chose qui a du être légué par sa mère : être une épouse et une mère exemplaire, une Wonder Woman du quotidien. J’en ai rencontré des comme celles-ci rivalisant d’ingéniosité pour faire tout un tas de choses mieux que tout le monde et être assez fières de jongler dans cet emploi du temps ménager et de parvenir au bout de ces listes, trouvant sens dans ce tourbillon. A côté bien sûr, on peut paraître minable de ne pas être ainsi, de ne pas se sentir assez bonne mère pour ne pas avoir créé l’anniversaire de folie pour son enfant par exemple. C’est comme une compétition entre mères. Bon, moi, j’ai déclaré forfait dès le départ à ce genre de jeu.

Je vois cela comme un témoignage. Il faut donc revoir toutes l’éducation de nos filles et de nos garçons et de se tenir loin de certaines traditions. Le bonheur de chacun est dans l’épanouissement personnel. Il faudrait aussi que les pères aient autant de congé paternité que les mères, que le regard change aussi. Il y a toute une réflexion de société à mener sur ce sujet. Il me semble que les pays nordiques sont plus avancés sur ce sujet que nous. Ils seraient surpris de voir notre société archaïque.

Caroline Boudet ne propose aucune piste, à part la fuite.

C’est un livre qui paraît simple au premier abord mais qui amène à réfléchir bien sûr, même si on ne se reconnaît pas dans ce portrait.

 

Lu dans le cadre des 68 Premières Fois

Objet trouvé

Matthias Jambon-Puillet

Editions Anne Carrière, 2018

Le livre s’ouvre sur une scène de polar : une femme nue, portant uniquement une guêpière est retrouvée morte sur son lit. On découvre aussi un homme nu et menotté dans la salle de bains, mal en point mais encore vivant. Cette femme s’appelle Sabrina. Lui, Marc.
On s’interroge tout de suite, on est intrigué sur ce qui a pu se tramer ici. Surtout quand on apprend que cet homme a disparu depuis deux ans.
On entend la voix de Nadège, son ancienne compagne qui a refait sa vie depuis.
Ce livre parle de BDSM, de soumis, de dominant… Et tout cela, je l’assimile à de la misère sexuelle. Ici, la soumission n’est pas un simple jeu d’un soir mais engage tout une vie et deux personnes. La personne soumise n’existe plus qu’au regard de son maître. Un vrai cauchemar à mon avis. Mais qu’est-ce qui fait qu’une personne bascule dans ce mode de fonctionnement ? Ce livre essaie de donner une réponse mais cela me reste totalement incompréhensible.

Ils marchent. Ils parlent. Sabrina raconte sa vie, son boulot, son appart, son célibat. Marc raconte la fin de son lycée, le bac de justesse, les deux premières années perdues à Lyon II, la troisième s’il le faut, jusqu’à ce qu’il trouve quelque chose qui lui plaise.
« Quoi? » demande-t-elle ?
« Aucune importance en fait », répond-il. Les plans ont changé, il est temps de prendre ses responsabilités. Il compte l’annoncer ce soir : sa fiancée est enceinte. Ce n’était pas prévu. Mais il ne regrette pas, promis. Elle veut le garder et lui veut faire ce qu’il faut, Sabrina ne comprend pas, en quoi l’enfant change tout, qu’est-ce qu’il l’empêche de continuer à étudier ? Marc lève les yeux, regarde le ciel. Un enfant, c’est une responsabilité, morale, financière. Il doit se marier, il doit mettre la fac de côté, le temps de se stabiliser. D’ailleurs, ses parents l’y encouragent, feront ce qu’il faut pour les soutenir. Ils en ont beaucoup parlé, ils y tiennent. Son ami Nicolas lui a proposé de prendre une place a son atelier, en menuiserie, au moins les premières années du bébé. Ce ne sera pas si mal. Si le cœur de Sabrina continue à battre, ce n’est plus de désir.

Marc en était là avant de disparaître.
Nous découvrons ensuite comment se passent les journées d’un soumis et la relation très spéciale avec sa maîtresse, la dominante. Cette Sabrina mène une existence affreusement banale en apparence mais a une vie très spéciale quand la porte de son appartement se referme sur elle et sur lui.
Après la lecture de ce livre, je ressens du dégoût, la sensation de toucher à quelque chose de très malsain, d’entrer aussi dans un monde totalement parallèle où toutes les règles du jeu ne sont pas les mêmes.
Je me suis posée les intentions de l’auteur. J’ai vu qu’il s’était frotté à ce monde étrange pour écrire son livre. Mais pourquoi vouloir écrire sur ce sujet ? C’est très intrigant. Mon imaginaire débordant imagine tout un tas de choses.
Pour finir, un passage qui m’a fait froid dans le dos :

Quand il ne tourne pas la page, Marc se gratte le cou, se passe la paume contre la nuque. C’est un réflexe, le collier lui manque.

La fin du livre est absolument horrible (et affreusement pitoyable). Je parle de l’histoire bien sûr car l’écriture, elle, est maîtrisée.

Lu dans le cadre des 68 Premières fois

Indian Creek

Pete Fromm

Gallmeister, 2017

 

Imaginez quelqu’un comme vous ou comme moi, qui aurait juste lu quelques récits de trappeurs ou d’aventures et qui décide de partir dans une cabane en plein hiver pour sept mois moyennant rémunération pour s’occuper d’un bassin d’œufs de saumon.

C’est ce qu’a fait Pete Fromm alors étudiant en biologie dans le Montana.

J’ai trouvé l’ensemble de son récit assez drôle.

Contrairement à vous et à moi qui se serait embarqué dans cette aventure, Pete Fromm ne prit aucun livre avec lui. Comment vivre isolé si longtemps ou même un bref instant sans livre à lire.

Ce récit retrace ses débuts, ses tests en cuisine, ses déplacements, l’impact de la nature et des paysages sur lui, son lien avec sa chienne Boon, alors un chiot au tout début de l’aventure, le retour à la vie civilisée qui lui fait perdre tous ses repères, sa solitude, devenu un refuge sûr pour lui, la vie qui s’écoule ailleurs sans lui.

En évoquant ses succès en cuisine ou savoir utiliser les raquettes :

Pour banals qu’ils fussent, chacun de ces triomphes interrompait, la marche de la solitude, toujours présente, tapie non loin de moi, à marauder dans les parcelles sombres des arbres, dans l’eau noire qui s’efforçait de ne pas geler, et même, dans la manière dont la rivière parlait le soir, avec des inflexions de voix que je ne lui connaissais pas durant le jour. Je commençai à trouver ma place dans les bois, et je m’y installai confortablement.

Après un hiver passé à rêver de m’échapper quelques jours, je n’avais plus envie de sauter dans mon camion pour m’en aller. Je restai dans la montagne à regarder le printemps s’installer et transformer mon univers.

J’ai beaucoup aimé suivre les péripéties de Pete Fromm à la découverte de son environnement, de son attachement au lieu, de sa transformation. A la fin, il n’a plus le même regard sur le lieu, sur lieu et les autres.

Une réflexion sur la vie et la société !

Encore un autre livre sorti de ma PAL ! Et quel livre !

Nora Webster

Colm Tóibín

10/18, 2017

 

Irlande, fin des années 60, Nora Webster se retrouve veuve avec le poids du regard des habitants de la petite ville où chacun de ses gestes est scruté. Elle retrouve sa liberté de faire des choix, de travailler pour faire vivre sa famille et aussi de penser à elle. Seule à gérer l’éducation de ses enfants, elle agit pour le mieux. Mais elle pense à elle, à ses désirs. L’éveil à la musique avec l’achat d’une chaîne stéréo et la prise de cours de chant l’emporteront bien plus loin qu’elle pouvait l’imaginer.

L’idée de ce qu’elle pourrait faire des pièces du rez-de-chaussée la tenait éveillée la nuit. Elle devait faire un effort pour se rappeler qu’elle était libre, que Maurice n’était plus là pour s’inquiéter du coût et renâcler devant tout ce qui risquait de déranger ses habitudes. Elle était libre. Elle pouvait prendre toutes les décisions qu’elle voulait dans la maison. Elle se sentit presque coupable en comprenant qu’elle pouvait, en réalité, faire ce qu’elle voulait de façon générale. Tout était réalisable, tous ses désirs sans exception, à la seule condition d’en avoir les moyens financiers. Si Jim et Margaret la désapprouvaient, ou si ses sœurs, ou ses filles, lui conseillaient de procéder autrement, elle était parfaitement libre de ne pas tenir compte de leur avis.

Colm Tóibín brosse un très beau portrait de femme qui redécouvre la liberté, prend son indépendance, vit au mieux sa vie de femme et de mère dans cette société étriquée d’une petite ville irlandaise. Colm Tóibín écrit finement et tout en délicatesse la psychologie de Nora ainsi que la description implacable de la société irlandaise. 

L’auteur montrait déjà la pesanteur de la société irlandaise dans « Brooklyn » surtout en comparaison avec la vie à New York où migra sa jeune héroïne.

J’imagine très bien une jolie adaptation de ce film au cinéma.

Ce livre est enfin sorti de ma PAL.

 

Chère brigande

Michèle Lesbre

Sabine Wespieser éditeur, 2017

 

C’est une très belle lettre de voyage à travers le passé à la rencontre de Marion du Faouët, la chef d’une tribu de brigands sévissant en Bretagne. Voyage aussi dans les pensées de la narratrice peu confiante dans le monde actuel.

La Bretagne pauvre et souffreteuse du 18e siècle est renvoyé à la situation des migrants, les SDF.

Tout commence quand la narratrice s’ennuie à une soirée, enfin plutôt, se sent déplacée dans cette soirée. Elle voit une femme à la belle chevelure rousse éclatante semblant partager cet état. Elle la recroise plus tard. En SDF. Elle disparaît. Elle lit le message « Où es-tu Marion ? » sur le mur. Et son visage se transpose à Marion du Faouët, cette brigande du 18e siècle. Elle part à Quimper.

Ton éducation, c’est la vie de tous les jours et ton observation perspicace de la société dans laquelle tu grandis.

Demain, j’irai marcher dans les monts d’Arrée. Ce sera une marche qui ressemble à l’écriture par sa nécessité. L’esprit se détend, se laisse aborder par les pensées intimes, les oublis remontent à la mémoire, le temps se déploie dans l’espace. Surviennent alors certains êtres enfouis dans la confusion des souvenirs, dont l’importance rappelle les engagements tenus et non tenus, les liens intimes par lesquels passe un peu de sérénité. Comme Victor D., tu es de ces êtres dont les vies chaotiques font sens pour moi, des êtres imparfaits qui s’élancent comme des chiens fous vers leur destin fatal.

Dors tranquille, chère brigande, tu m’as sauvée pendant quelques jours de notre démocratie malade, des grands voleurs qui, eux, ne sont presque jamais punis parce qu’ils sont puissants, de ce monde en péril.

J’aime la lucidité de l’auteure et j’aime toujours autant son écriture.

Et hop, un livre sorti de la PAL !